Depuis plus d’un mois, nos quotidiens ont été chamboulés. La très grande majorité d’entre nous devant rester confinés à la maison, le nombre d’usagers empruntant le RER D a diminué de 90% environ ces dernières semaines. Ceux qui ont un impératif pour sortir, très majoritairement pour aller travailler, doivent s’organiser avec un service de moins d’un train sur 3.

Mais le déconfinement arrive à partir du 11 mai (pour le moment). Et, comme vous le verrez ci-dessous, il suscite pour le moment encore davantage d’interrogations et d’inquiétudes, surtout en nous plaçant dans une optique de rester en bonne santé. Et si une partie de ces interrogations sera sans doute levée par les décisions des employeurs / écoles / universités etc, de nombreux sujets apparaissent sur la partie concernant le RER D.

L’impossible conciliation moins de trains + besoin d’espacement à l’intérieur de ceux-ci et la possibilité de faire circuler le plus grand nombre de possible de voyageurs

La SNCF l’a déjà annoncé : le lundi 11 mai, le trafic ne sera pas normal ! Nous n’avons pas encore les prévisions de trafic, mais on devrait être aux alentours de la moitié des trains en circulation seulement. Si cela peut s’expliquer (rames qui sont à l’arrêt depuis pratiquement deux mois au moment de la reprise doivent repasser dans les ateliers avant de pouvoir circuler à nouveau), dans la situation actuelle, cela présente un grand risque sanitaire pour les personnes devant les emprunter. Et l’inquiétude vient aussi du flou sur le calendrier de retour à une circulation normale.

Afin de respecter les distances, seules trois personnes pourront s’installer sur une rangée de 10 sièges. Ainsi, un train ne pourra être rempli qu’à 30%, sous peine d’augmenter les risques de contamination. Il est donc important qu’un maximum de trains longs soit mis en circulation dès le 11 mai. Surtout quand on sait qu’en temps normal, nos trains sont déjà pas mal utilisés surtout en heure de pointe.

À côté des places assises, il y a les places debout, en particulier celles sur les plates-formes qui étaient très utilisées pour les trajets courts. Comment gérer ces trajets courts dans un contexte de nécessaire distanciation sociale ? En n’autorisant qu’un nombre très réduit de personnes à stationner sur les plates-formes ? Pour que les autres soient contraintes de faire un aller et retour entre la plate-forme et une des salles ?
Enfin, moins de trains = plus de monde sur le quai (ou dans les files d’attente pour y accéder). Certes ceux qui ont vu l’émission Parigo du 02/05/2020 de France 3 Paris Île-de-France ont pu voir que la SNCF avait mis des croix sur les quais à Juvisy pour inciter les voyageurs à se positionner sur le quai en attendant leur train, mais est-ce que ce sera suffisant ? Et quid des espaces précédant l’accès aux quais, si on demande aux voyageurs d’y patienter ?

La correspondance au sud du RER D, dans le cadre du contexte sanitaire actuel, peut-elle être supprimée tant que le trafic ne sera pas assuré à 100% ?

En prolongement du point précédent, les voyageurs empruntant les navettes mises en place avec le SA2019, en devant descendre à Corbeil, Viry ou Juvisy, en devant descendre du train, se retrouvent en contact direct avec des voyageurs attendant déjà le train suivant sur le quai. Donc la correspondance rend impossible le respect des consignes sanitaires. Donc, tant que le trafic ne sera pas redevenu nominal, pourquoi ne pas prolonger les navettes à Paris ?

Des efforts demandés aux salariés, mais vont-ils s’accompagner des renforts d’offre indispensables pour respecter les mesures sanitaires envisagées ?

Nous entendons des appels à décaler nos horaires de déplacement. Mais dans ce cas, l’heure de flanc de pointe, c’est-à-dire la période avant et après les pointes du matin et du soir, doit être augmentée, afin d’avoir des trains moins remplis sur ces trains aussi.

De même, dans quelques mois, les mesures sanitaires seront toujours en vigueur alors que devraient entrer en vigueur les horaires d’été. Peut-on encore en avoir cette année ? En effet, au-delà du fait qu’il est plus que probable qu’un grand nombre de franciliens devront passer leurs vacances dans la région, et seront donc susceptible de prendre le train, à notre avis la réduction estivale d’offre est incompatible avec les mesures sanitaires évoquées actuellement.

Comment faire circuler des trains davantage nettoyés sans diminuer la capacité de transport ?

La question du nettoyage se pose également : comment sera-t-il effectué ? À quelle fréquence dans les trains de notre ligne ? Risque-t-il de mettre en retard nos trains, et donc d’amener une plus forte fréquentation dans certains trains ?
Qu’en sera-t-il des gares, et en particulier des tripodes et des portillons, des boutons d’appel, des rampes d’escalier, fixe ou mécanique ?

Comment s’assurer que les travaux envisagés ne remettront pas en cause la possibilité d’appliquer les mesures sanitaires ?

Durant la période de confinement, de nombreux chantiers ont été à l’arrêt. Or, ces travaux, principalement de maintenance sur notre ligne, sont à la fois cruciaux pour limiter les pannes et incidents mais sont également causes de réduction de trafic et d’allongement de temps de parcours, deux phénomènes qu’il faut éviter au maximum en cette période de risque sanitaire.

De nombreuses interrogations restent donc en suspens pour les usagers du RER D et, plus globalement, du réseau francilien. Dans ce but, nous allons rencontrer (à distance) la direction de la ligne cette semaine afin d’obtenir des réponses à toutes ces questions.