Le 26 novembre 2009, en gare de Maisons-Alfort - Alforville, une porte s'est refermée sur le bras d'un voyageuse qui est restée coincée ainsi jusqu'au prochain arrêt à Gare de Lyon.


Cet accident nous a été relaté par un témoin qui nous a décrit les circonstances mais aussi les conditions terrifiantes et choquantes dans lesquelles il s'est produit.

Voici son témoignage :


« Notre train était déjà très chargé lors de l'arrêt à Maisons-Alfort-Alfortville et beaucoup de voyageurs montés dans le train sont restés debout sur la plateforme. J'étais dans le petit "carré" près de la porte de communication entre les wagons.

Après le redémarrage de notre train, j'ai entendu des pleurs qui provenaient de la plateforme. Mais je ne voyais pas ce qui se passait. Les voyageurs assis ont eux aussi demandé ce qui se passait ... mais les voyageurs de la plateforme rassuraient ceux qui étaient assis ... Le train avançait au ralenti et a mis 20 mn pour rejoindre Gare de Lyon.... Les pleurs continuaient ... Les gens assis essayaient de comprendre ce qui se passait, mais comme le train était plein, impossible de se déplacer.

Arrivée à Gare de Lyon, j'ai découvert avec horreur une femme qui hurlait de douleur. Elle a fait le trajet Maisons-Alfort-Alfortville - Gare de Lyon avec le bras coincé dans la porte (la porte avant gauche de la voiture dans le sens vers Paris). Les personnes autour n'avaient pas voulu tirer le signal d'alarme car, selon elles, le train avait déjà suffisamment de retard et elles avaient expliqué qu'il valait mieux que le train aille jusqu'à gare de Lyon pour décoincer le bras de la personne !!!

A gare de Lyon, les gens ont quitté la plateforme (par la porte de droite), ignorant cette femme qui souffrait. Des voyageurs ont finalement tiré le signal d'alarme de la porte de gauche pour qu'elle se déverrouille et ainsi la personne a pu retirer son bras.

Nous avons essayé de chercher du secours sur le quai. Un technicien nous a dit qu’il ne gérait pas ce genre de problème. J’ai ensuite vu un agent de la SNCF qui s’approchait, je suis allée à sa rencontre pour lui expliquer la situation (une autre dame avait été le chercher). Les pompiers sont venus plus tard. La femme aurait une fracture au bras et n'est pas sûre de retrouver l'usage de sa main ... »


Par la suite, nous avons appris que la voyageuse n'avait pas eu de fracture.

 

Nous avons écrit un courrier au Directeur de la ligne D pour l'informer de cet accident et lui poser des questions :

- Comment se fait-il que le conducteur n'ait pas été averti de la "mauvaise fermeture" de la porte ? Il nous semble que des capteurs dans la porte sont censés détecter ce problème et en informer le conducteur.

- Les caméras le long des quais, dont les images sont retransmises en cabine, sont censées elles aussi informer le conducteur d'une telle situation. Etaient-elles toutes en fonctionnement ? Ces caméras et les écrans de la cabine sont-ils suffisamment précis et bien réglés ?

- Que se serait-il passé si la personne s’était coincée le bras à la fermeture des portes mais en étant restée sur le quai ? Les systèmes de détection n’auraient semble-t’il pas marché dans ce cas de figure non plus.

- Nous jugeons le comportement de certains des voyageurs de ce train absolument inacceptable et intolérable. Cependant, ne voyez-vous pas ici une des conséquences négatives de vos campagnes de communication au sujet de l'usage abusif du signal d'alarme ? La diabolisation des usagers dans leur ensemble (alors qu'une infime partie sont les auteurs des actes d'incivilité) a certainement des effets pervers dans le comportement des voyageurs.


Nous avons rencontré dernièrement le Directeur de la ligne pour entendre ses réponses. Elles furent minimalistes :


- La SNCF concède que ce problème de fermeture de portes est connu. Il serait dû à la présence de joints « souples » (sur les rebords des portes) qui peuvent tromper les capteurs et faire croire à une fermeture normale des portes alors qu'un bras pourrait être présent.

- Les rames sont maintenant équipées de joints « durs » qui empêchent sur genre d'incidents. Mais il reste encore beaucoup de rames à équiper, elles le seront lors d'opérations de grande révisions.


L'association SaDur considère que les réponses de la SNCF ne sont pas satisfaisantes et souhaite connaître les résultats complets de l'enquête et les mesures qui ont été prises depuis
.


Une copie du courrier adressé au Directeur de la ligne D a été envoyée aux maires des villes de Maisons-Alfort et Alfortville, au Sénateur Laurent Béteille, Président de l'Association des Elus du RER D ainsi qu'au syndicat de cheminots SUD-Rail qui nous avait déjà alerté sur ce genre de problèmes par le passé.

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