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ou comment la SNCF noircit volontairement le tableau et se moque de ses clients.

Dans un article publié par le journal Le Parisien le 27 février 2009 au sujet de la protestation que le député du Val d'Oise, M. Yannick Paternotte, a adressé au STIF ( voir l'article ), la SNCF déclare :

« Mais les conséquences de ces retards auraient sans doute été pires si elle n’avait pas été appliquée », insiste-t-on à la direction de Paris Nord de la SNCF. Selon eux, la réduction du nombre de trains permet une meilleure réactivité en cas d’incident. Dans le tunnel entre la gare de Lyon et la gare du Nord, il y a en effet un passage toutes les cinquante secondes en heures de pointe. Un problème sur un train entraîne ainsi une réaction en chaîne. Par ailleurs, la SNCF a débloqué la somme de 42 millions d’euros pour améliorer les infrastructures.

On voit là toute la mauvaise foi et le cynisme qu'emploie maintenant la SNCF pour justifier son incapacité à faire fonctionner convenablement la ligne de RER D.

    

Analysons le cynisme et les fausses vérités de la SNCF :

 

« les conséquences de ces retards auraient sans doute été pires si elle n’avait pas été appliquée »

Ayant fait le constat de son incapacité à gérer correctement la ligne D du RER, la SNCF ne trouve pas mieux que de diminuer le nombre de trains alors que dans le même temps le nombre de voyageurs augmente (+ 40% de voyageurs en 10 ans).

Si on lui reproche les inconvénients de cette solution, elle se justifie en disant que cela lui permet de mieux gérer les conséquences des retards. Pas les retards eux mêmes !

Continuons comme cela, supprimons les trains et ainsi on supprimera les retards.

 

« Dans le tunnel entre la gare de Lyon et la gare du Nord, il y a en effet un passage toutes les cinquante secondes en heures de pointe »

Cette phrase est l'exemple parfait de désinformation de la part de la SNCF envers ses clients et la presse.

Avant le 14/12/2008 il y avait dans le tunnel entre Chatelet et Gare du Nord (et non entre Gare de Lyon et Chatelet) 32 trains par heure et par sens aux heures de pointe. Soit 20 trains pour le RER B et 12 trains pour le RER D.

La SNCF mélange volontairement les 2 sens, car en réalité, au delà du fait qu'il n'est techniquement pas possible d'avoir un train toutes les 50 secondes, il y avait un train toutes les 2 minutes en moyenne par sens aux heures de pointe. Ce qui n'est absolument pas la même chose !

Cette désinformation, permet à la SNCF de noircir le tableau et ainsi de lui permettre de mieux justifier la diminution du nombre de trains.

 

• « Par ailleurs, la SNCF a débloqué la somme de 42 millions d’euros pour améliorer les infrastructures »

Là encore, la SNCF joue sur les mots.

Le plan D-Maintenant consacre 42 millions d'euros pour améliorer la régularité. Cette somme sera dépensée principalement pour : l'achat de petits matériels pour la maintenance, pour de petites réparations, pour deux barrières anti-traversées, pour l'ajout de clôtures de protection des voies, pour la protection d'armoires électriques, le renforcement des stocks des pièces de rechange, le remplacement de certains câbles, ... et quelques malheureux 11 km de rail sur un total de 394 !

Ce qui n'a absolument rien à voir avec ce qu'on appelle couramment de l'infrastructure !

Nous apprécions que la SNCF dépense de l'argent pour l'entretien et la maintenance de la ligne. C'est même la moindre des choses. Mais qu'elle n'aille pas clamer qu'il s'agit de l'infrastructure car elle sait très bien qu'en ce domaine, les investissements font cruellement défaut depuis la mise en service de la ligne D et que là est bien la cause principalement de ses dysfonctionnements

 

En résumé, La SNCF est devenue la championne de la communication et, à la moindre occasion, elle se dégage de ses responsabilités en les renvoyant aux autres (usagers, cheminots, partenaires,... ).

La SNCF sait parfaitement que son plan de circulation appelé D8 ne sert à rien, ni en situation normale ni en situation perturbée. La SNCF cherche maintenant d'autres avantages pour justifier son choix comme le fait de pouvoir retourner les trains aux terminus dans de meilleures conditions. Il lui aura fallut attendre 14 ans pour se rendre compte de cela !

 

Vu ses efforts en la matière et son énergie à communiquer à outrance, La SNCF ne semble plus être une compagnie de transport mais une boite de Com !

Elle est devenue la Société Nationale de Communication Française

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